Comment
la guerre rend fou
ou :
le caporal G*** et l’impossibilité de tenir son rôle pendant la guerre
Il s’agit de l’histoire d’un caporal
sur lequel nous ne possédons que de maigres renseignements. Nous savons qu’en
mars 1915 il est déjà hospitalisé pour hyperémotivité. Le récit qu’il
nous a laissé montre qu’il a du connaître les plus terribles combats, pour
ne pas dire massacres, des débuts du conflit en 1914. Nous essaierons de
montrer comment les symptômes présentés par les soldats fous peuvent masquer
la véritable origine du trouble psychologique. Il apparaît bien souvent
naturel que les conditions d’existence de guerre avec la crasse, l’humidité,
le froid, la malnutrition, le danger, la peur, les bombardements, sans compter
la disparition, la mort des camarades, etc. puissent provoquer la folie. Alors
pourquoi tant de soldats y ont-ils échappés ? Dans l’exemple que nous présentons,
les symptômes en premier plan cachent un dérèglement, un bouleversement
psychique par perte des repères liés au rôle et à la fonction sociale.
C’est tout un monde de valeurs bien établies qui s’effondre entraînant
dans le marasme psychologique un soldat qui en arrive à rechercher la mort
comme solution à ses problèmes. Combien de soldats à l’espoir anéanti
ont-ils préféré disparaître faute de pouvoir supporter l’horreur
quotidienne La guerre, en tant que
telle, a peut-être tué moins de soldats que l’on ne pense ; beaucoup ont pu
mourir de l’anéantissement des valeurs qui les aidaient à vivre.