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Voici le Cas de V....... Gustave du 210e d'infanterie
territoriale.
Il est hospitalisé pour un état confusionnel pourtant
en voie d'amélioration. Mais son état dépressif
persiste avec idées délirantes hypocondriaques absurdes
(l'intestin est bouché, il a un appareil photographique
dans le ventre etc.) refus d'aliments, idées de suicide
peut-on lire sur le certificat médical.
En réalité il souffre certainement d'autre chose que de
folie car le personnel infirmier signale, après quinze
jours d'observations qu'il souffre de constipation
opiniâtre, mange peu (évidemment!).
L'intestin est donc bien bouché, ce n'est pas un
délire, pas plus que cet appareil photo dans son ventre,
manière pour lui d'expliquer que son ventre se gonflait
et se dégonflait comme s'il contenait un appareil photo
(à soufflet à l'époque pour la plupart).
Le médecin, qui manifestement ne l'écoute pas,
recherche les éléments du trouble mental dans
l'éthylisme. Le malade avoue son alcoolisme,
note-t-il mais explique que : parce qu'on n'avait pas
à manger, on leur donnait de l'eau de vie quelquefois
deux fois par jour.
Mais le malade qui n'arrive pas à faire entendre ses
réelles préoccupations, tente de se faire comprendre en
écrivant. A qui ? Nous ne le saurons jamais! Car son
courrier est resté dans son dossier. Sa façon
d'écrire, les illustrations dont il émaille ses textes,
renforcent, sans doute, la conviction du médecin sur les
troubles mentaux.
Pourtant, on comprend bien à la lecture combien il est
inquiet de sa famille, de ses affaires, de ses biens. Il
est probable que dans sa détresse son comportement soit
tel qu'un médecin retranché dans son savoir, sa
position de classe, sa culpabilité de ne pas faire
vraiment la guerre (les médecins sont mobilisés dans
leurs établissements pour la plupart avec le grade
d'officier systématiquement) ne comprenne rien à ce qui
se passe dans l'âme de son patient.
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