SOLDATS
FOUS ET ALIENISME
DE LA GRANDE GUERRE

L’étude porte :
Face à la Neurologie triomphante, on remarque une volonté clairement affirmée d’inscrire la psychiatrie dans la "Science médicale". La contribution à l’effort de guerre des aliénistes consiste surtout (outre le fait de traiter les soldats) à faire preuve d’un anti-germanisme à toute épreuve au nom de la supériorité d’une prétendue école française de psychiatrie.
La guerre ne modifie guère les conceptions psychiatriques de l’époque, les aliénistes semblant mettre un point d’honneur à démontrer que les troubles psychiques des soldats s’inscrivent parfaitement dans les théories en cours, notamment celle de la prédisposition aux troubles mentaux.
Comme bien souvent, les quelques paroles dont on trouve les traces dans les dossiers des soldats aliénés montrent de façon caricaturale, exacerbée ou délirante des réalités de la guerre des tranchées et des souffrances des "bonshommes" totalement étrangères aux médecins dont la plupart, mobilisés dans leurs asiles, ne verront jamais le front.
Contrairement aux soldats blessés, défigurés ou mutilés de la Guerre 1914/1918, que l’on considère, au moins un certain temps, comme des héros, les militaires atteints de troubles mentaux seront tenus à l’écart de la Société, dans les asiles ou dans les familles. Car la folie est une tare qui plonge irrémédiablement toute une famille dans la honte et l’opprobre.